Une histoire de "Coffre"

 

 

Meuble fondamental, le coffre fut étroitement lié a la mobilité, ce mode de vie, voire de survie, des sociétés médiévales. On l'utilisait à toutes les fins, non seulement pour ranger vêtements, aliments, argenterie, armes et archives, mais aussi comme siège, table, ou même lit. Il est donc à la fois l'ancêtre des malles et des meubles. 

 

 

 

 

On appelait bahuts les coffres à couvercle bombé recouvert de cuir ou de peau de bête. Essentiellement mobiles, les bahuts comportaient des poignées facilitant leur déplacement. Les plus archaïques étaient façonnés dans un tronc d'arbre.

Lié au voyage comme aux grandes étapes de la vie - pensons au coffre d'espérance de la fiancée - le coffre est le premier meuble apporté en Nouvelle-France. Il était en effet impensable de transporter tout son mobilier sur les navires à voiles qui traversaient l'Atlantique. Seuls les gens de condition pouvaient se permettre de quitter leur patrie en apportant des meubles.

Au 18eme siècle, l'armoire détrône le coffre et se répand dans tous les milieux. Sans disparaitre pour autant, le coffre perd un peu de son importance. On a désormais tendance à y remiser des vieilles choses. On le reléguera même au grenier.

L'armoire présente sur le coffre un progrès notable, son contenu étant entièrement visible et surtout plus accessible. Par ses proportions, l'armoire est en outre un meuble immobile lié à un mode de vie plus sédentaire. Alors que, jusqu'à la fin du 17eme siècle, l'ameublement est peu important, polyvalent et mobile, au 18eme siècle, l'élévation du niveau de vie et les habitations plus vastes, dont le nombre de pièces augmente, permettant l'acquisition d'un mobilier plus volumineux, abondant et varié.

Les principaux meubles de rangement n'ont pas encore de fonction ni d'emplacement particulier dans l'habitation. Coffres, buffets ou armoires peuvent donc contenir indifféremment les mêmes biens. Des objets de nature diverse, comme des faïences, des étains, de l'argenterie ou du cristal, voisineront communément vêtements et linge de maison dans le même meuble. Toutefois, la commode, dans laquelle on ne range d'ordinaire que des vêtements, reflète cette nouvelle tendance à la spécialisation du mobilier qui s'intensifiera au cours du 19eme siècle. D'origine aristocratique tout comme l'armoire, la commode fait partie de ces biens de luxe utiles mais non indispensables qui témoignent de la fortune de leurs propriétaires. Elle connaitra une diffusion importante au Quebec au 19eme siècle. Dérivée du coffre auquel on ajoute peu a peu des tiroirs, la commode offre un accès bien "commode" au contenu. Ne fallait-il pas en effet retirer tout ses biens du coffre pour en atteindre le fond?

 

 

(LATOUR, Thérèse, Redécouvrir nos meubles anciens, Quebec, 2003)


 

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